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Articles de mai, 2008

Des viticulteurs en lutte

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Les producteurs sont en colère, est-ce nouveau ?

En 1907, le Languedoc viticole s’estime menacé par la concurrence des vins d’Algérie et la chaptalisation. La Confédération générale viticole réalise une manière d’union sacrée entre les producteurs, des plus petits aux plus grands. De puissants rassemblements crédités de [...]

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Le coin de table

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Cette toile appartient à une série de portraits de groupe peints par Fantin-Latour. Elle représente des hommes de lettres appartenant à la mouvance parnassienne, qui fondèrent la revue littéraire d’avant-garde La Renaissance littéraire et artistique. En 1868, ces poètes amoureux de “ l’art pour l’art ” [...]

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Des viticulteurs en lutte

Les producteurs sont en colère, est-ce nouveau ?

En 1907, le Languedoc viticole s’estime menacé par la concurrence des vins d’Algérie et la chaptalisation. La Confédération générale viticole réalise une manière d’union sacrée entre les producteurs, des plus petits aux plus grands. De puissants rassemblements crédités de dizaines de milliers de participants se succèdent du 7 avril au 9 juin 1907. Dans les quatre départements concernés, les conseils municipaux présentent leur démission collective et appellent à la grève de l’impôt. Des perceptions, préfectures et sous-préfectures sont attaquées. Le gouvernement fait appel aux gendarmes et à la cavalerie. Le sang coule à Narbonne où quatre manifestants sont tués les 19 et 20 juin. A Béziers, le 21, le 17e régiment d’infanterie, majoritairement composé, selon l’usage, de réservistes et de conscrits du pays, craint que les soldats venus des régions septentrionales ne menacent leurs compatriotes. Ils quittent leur caserne, se portent devant la foule et mettent crosse en l’air (ce qui vaudra aux « mutins » d’être expédiés en Tunisie)
Clemenceau réplique par de nouvelles démonstrations de force. Le 23 juin une loi est cependant votée, qui réprime la chaptalisation abusive.
Quatre ans plus tard, les viticulteurs de l’Aube se mobilisent pour une tout autre cause. Malgré la mauvaise récolte de 1910, le cours du raisin reste bas. Les viticulteurs de la Marne suspectent les marchands d’avoir acheté et vendu sous le nom de champagne des vins de l’Aube, en infraction au décret du 17 décembre 1908 qui limite l’aire géographique de l’appellation. Ils s’attaquent aux chais et aux fûts des viticulteurs et négociants de l’Aube, qui répliquent sur un mode similaire à Ay et à Epernay en premier lieu. Tous sont soutenus par leurs élus respectifs. La troupe s’interpose. Le décret est finalement reporté
Les statues de Ferroul, à Narbonne, de Gaston Chéry à Bar-sur-Aube ou le célèbre « Salut à vous… » de Montéhus sont là pour attester de l’inscription durable de ces événements dans l’histoire et la sensibilité régionales.
Faut-il vraiment que les choses se répétent régulièrement?

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Misère alimentaire d’hier et d’aujourd’hui

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A l’heure où le souper des bourgeois étit un repas qui se déroulait à la même heure que notre dîner actuel (21h), plusieurs événements, sous la monarchie de Juillet, ont éveillé la réflexion de la bourgeoisie au sujet de la misère populaire : la [...]

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Deux autres Cène

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« Jésus, un homme incomparable »la scène se déroule en 1891, dans un intérieur bourgeois : Renan (au centre de la table, une serviette autour du cou) préside un dîner mondain où figurent nombre de personnalités parisiennes, dont le chimiste Eugène Chevreul (mort l’année précédente à 103 [...]

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Le coin de table

Cette toile appartient à une série de portraits de groupe peints par Fantin-Latour. Elle représente des hommes de lettres appartenant à la mouvance parnassienne, qui fondèrent la revue littéraire d’avant-garde La Renaissance littéraire et artistique. En 1868, ces poètes amoureux de “ l’art pour l’art ” décident de se retrouver tous les mois autour d’un repas afin de maintenir la cohésion du groupe. La critique qualifia dédaigneusement ces réunions de “ dîners des vilains bonshommes ”, titre qui leur resta.
Il s’agit d’un groupe de poètes rassemblés autour d’une table, à la fin d’un repas. De gauche à droite, assis au premier plan, on distingue Verlaine, Rimbaud, Valade, Hervilly, Pelletant ; debout, au second plan, Bonnier, Blémont et Aicard. La composition s’achève à droite par un bouquet d’hortensias, à la place du portrait prévu de Mérat, lequel à la suite d’une mystérieuse altercation avait refusé de poser à côté de Rimbaud, adolescent provocateur, arrivé à Paris en 1871 et introduit à ces réunions par Verlaine. Là, mandarine, verre de Jerez et carafe de Porto accompagnent le café du poète.
Comment ne pas être tenter d’évoquer d’autres poètes du siècle suivant qui tout juste 100 ans plus tard posaient en consommateurs de bières Ch’ti pour la postérité

Existe t-il encore aujourd’hui des poètes bons vivants et amateurs de la bonne chère?

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Restaurants Beaucaire et Maucaire

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Ce tableau fait référence à un événement survenu au début de la carrière de Bonaparte, alors qu’il n’était encore que jeune capitaine. Il était chargé de convoyer de la poudre destinée aux soldats de l’armée d’Italie, au milieu de l’insurrection fédéraliste du Midi. Le 28 juillet [...]

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Misère alimentaire d’hier et d’aujourd’hui

A l’heure où le souper des bourgeois étit un repas qui se déroulait à la même heure que notre dîner actuel (21h), plusieurs événements, sous la monarchie de Juillet, ont éveillé la réflexion de la bourgeoisie au sujet de la misère populaire : la révolution de 1830 à Paris, les insurrections des canuts de Lyon en 1831 et en 1834, la crise de subsistance de 1846. C’est donc entre 1830 et 1840 que l’opinion prend conscience de la misère urbaine et ouvrière. Diverses réalités sont alors décrites : la pauvreté, la misère (manque de biens extrême), le paupérisme (pauvreté comme phénomène économique en rapport avec l’industrialisation) . Cette révélation est l’œuvre d’opposants au régime comme le docteur Guépin. Mais la très officielle Académie des Sciences morales et politiques a également incité à l’étude du paupérisme. C’est elle qui a poussé Villermé à enquêter, dans les années 1830, sur les conditions de vie et de travail des ouvriers du textile à Lille et à Rouen. Son ouvrage, Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, publié en 1840, n’a pas peu contribué à la prise de conscience.

Mais cet effroi en évoque un autre : la grande peur de la bourgeoisie après les journées de Juin, peur du peuple et de sa violence supposée, peur du sang qu’il pourrait verser. Menace des révolutions à venir, l’éclair pourrait bien finir par épouvanter aussi la bourgeoisie. Trois ou quatre décennies plus tard les pauvres de La Soupe du matin semblent bien paisibles : sous la IIIe République, la misère est un peu dédramatisée et atténuée. Cette misère alimentaire illumina d’autres défauts humains, telle que la compensation du liquide sur le solide.

Mais notre civilisation a-t-elle tellement évoluée pour parler de cela au passé?

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Deux autres Cène

« Jésus, un homme incomparable »
la scène se déroule en 1891, dans un intérieur bourgeois : Renan (au centre de la table, une serviette autour du cou) préside un dîner mondain où figurent nombre de personnalités parisiennes, dont le chimiste Eugène Chevreul (mort l’année précédente à 103 ans) avec lunettes et favoris grisonnants, et Alexandre Dumas fils, appuyé au dossier d’une chaise. A ce dîner assiste le Christ, dont les traits ont été immédiatement identifiés à ceux du journaliste et militant socialiste Albert Duc-Quercy (1856-1934), aux pieds duquel se prosterne, à l’heure du café, une Madeleine repentante qui n’est autre que la demi-mondaine Liane de Pougy, laquelle, réellement repentante, finira ses jours au couvent.

Bénédicité. Fritz Von Uhde met en image le texte même de la prière qui précède les repas : « Bénissez – le Seigneur [bénit] – La main droite du Christ nous bénit, nous et ce que nous allons consommer. » Mais il ne s’agit pas d’une simple prière. Le Christ est présent dans cette famille de paysans (allemands ou hollandais) dont il va partager le repas. Reconnaissable à son auréole, à sa barbe et à sa longue robe, il est bien réel et réellement chez des paysans, image idéale du peuple, le vrai peuple de Dieu. Von Uhde, peintre allemand, participe du protestantisme libéral de son siècle, marqué par une évolution qui le conduit à une pratique plus morale que mystique de la religion. Notons aussi le stéréotype : la plus grande ferveur de la femme et de l’enfant, levant les yeux vers le Seigneur – comme s’ils « buvaient ses paroles » –, tandis que les autres paysans, les hommes en particulier, ont la tête baissée, dans le geste traditionnel de la prière.

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Restaurants Beaucaire et Maucaire

Ce tableau fait référence à un événement survenu au début de la carrière de Bonaparte, alors qu’il n’était encore que jeune capitaine. Il était chargé de convoyer de la poudre destinée aux soldats de l’armée d’Italie, au milieu de l’insurrection fédéraliste du Midi. Le 28 juillet 1793, il descendait à Beaucaire dans la maison de M. Renaudet, pharmacien, et le soir il dînait dans une auberge avec quatre marchands venus pour la foire. C’est à la suite de ce repas qu’il écrivit un texte dialogué intitulé Le Souper de Beaucaire, dans lequel il faisait profession de foi républicaine, tentant de convaincre ses interlocuteurs de la nécessité de la Révolution. Beaucaire à ne pas confondre avec Maucaire , célèbre restaurant parisien du XIXeme siècle.

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